Galerie Mushagalusa Art Africain

Une galerie d’art rue Ontario

L’Espace Mushagalusa est une galerie d’art spécialisée en art africain et contemporain qui fait le pari, en 2014, de s’installer un peu à l’écart de ses semblables, sur la rue Ontario près de Berri. Un emplacement qui peut paraître surprenant, mais qui se révèlera parfaitement en accord avec la mission de l’endroit.

 

Le propriétaire de la galerie, Guy Mushagalusa Chigoho, évolue dans le monde de l’art depuis toujours. Issu d’une famille de marchands et de collectionneurs d’art, il travaille notamment pendant 5 ans pour l’Espace Création de Loto-Québec avant que celui-ci ne ferme ses portes en 2013. Déjà propriétaire d’une petite galerie dédiée aux arts africains sur la rue Sherbrooke, le passionné connaisseur décide de se lancer dans un projet plus important, auquel il se consacrera désormais: «Je me suis trouvé un peu à la croisée des chemins. Je venais de dépasser la barre des 45 ans, et je me suis dit: "C’est peut-être le temps de commencer une nouvelle vie"», avoue candidement l’homme d’affaires.

Le dialogue le plus sincère, souvent, se fait à travers l’art. Le langage le plus universel, c’est l’art, et c’est par là qu’il faut qu’on construise tout ce qu’on appelle maintenant le vivre ensemble. - Guy Mushagalusa Chigoho, propriétaire

Des œuvres et des activités

L’Espace Mushagalusa consiste en un vaste espace où sont disposées toutes sortes d'œuvres d’art: tableaux, sculptures, masques, objets, meubles et même bijoux. En ouvrant sa galerie, M. Chigoho a voulu décloisonner sa pratique. C’est pourquoi, parmi les œuvres africaines, on peut trouver, par exemple, un immense vase vietnamien ou une magnifique table sculptée originaire de Chine: «L’âme de l’espace ici est africaine - ça se voit tout de suite -, mais l’esprit est vraiment universel», explique-t-il.

Si l’endroit, à première vue, a toutes les allures d’une galerie comme les autres, il faut savoir que pour M. Chigoho, il se veut un lieu de rencontre et de partage: «C’est un lieu où les cultures se rencontrent et cohabitent au service de l’art et de l’harmonie sociale. Cet espace est vraiment dédié à l’ouverture, à l’intégration dans tous les sens.»

 

Cette mission se dessine également à travers les autres activités de l’Espace Mushagalusa qui, outre sa vocation de galerie d’art, reçoit et organise des évènements de toutes sortes (étudiants, d’affaires, etc.), propose aux institutions un programme intitulé Initiation aux cultures africaines et, depuis juin 2017, offre même des soirées de poésie et de musique sur une petite scène aménagée au fond de la galerie. «Ce sont toutes ces activités qui nous permettent de soutenir les artistes, et de leur permettre d’exposer ici à moindre coût», ajoute le galeriste.

 

Un lieu inclusif

En s’installant rue Ontario, M. Chigoho voulait profiter du beau grand local, mais aussi de la proximité de ce dernier avec la Grande Bibliothèque, la station de métro Berri-UQAM et la gare d’autobus. Il remarque d’ailleurs que les visiteurs qui entrent dans sa galerie forment un groupe très  hétérogène: «Il y a des jeunes qui achètent des pièces qui sont quand même très chères et qui prennent du temps pour les payer. Il y a des gens plus âgés, plus à l’aise. Mais il n’y a pas vraiment de profil type. Les clients viennent de partout. De tous les continents et de toutes les races.»

  1. Chigoho tire cependant une certaine fierté d’attirer beaucoup de gens de l’ouest de la ville – des anglophones pour la plupart – dans ce quartier majoritairement francophone. Et ce beau mélange de clients reflète aussi la vision qu’il a pour son commerce: «Le dialogue le plus sincère, souvent, se fait à travers l’art. C’est là que les gens se parlent, pour moi, de la façon la plus honnête. Le langage le plus universel, c’est l’art, et c’est par là qu’il faut qu’on construise tout ce qu’on appelle maintenant le vivre ensemble.»